Partager l'article ! Trail des Templiers 2008: Templiers 2008 26 octobre 72 km 3100 m +/- Arrivée sur place la première samedi ...
Templiers 2008 26 octobre
72 km 3100 m +/-
Arrivée sur place la première samedi je prends possession des lieux, petit chalet surveillé de près par 300 brebis et canards, plus les chiens, impossible de se croire ailleurs qu'au Larzac...
Cause invasion de mouches, je renonce à la sieste et file à Nant récupérer les garçons et ... les dossards tant attendus !
Le village est typique, mignon et surplombé de son rocher dont on sait qu'il représentera la dernière difficulté à gravir et à dégringoler...on se demande bien dans quel état on y parviendra...
De retour au chalet on opte pour une courte balade histoire de se dérouiller les gambettes, puis c'est le grand déballage de sacs, fringues, barres et gels, pansements, bref tout ce dont nous estimons avoir besoin demain et qui au final pèse assez lourds dans les sacs pour certains!
Si la petite mousse de circonstance nous donne du courage c'est bien décidés à dégommer le paquet de pâtes que nous poursuivons cette folle soirée. Qui s'enchaîne avec une courte nuit (merci les chiens !!) et un petit dèj de circonstance.
Malgré un oubli des bidons pour un qui se reconnaîtra (faut le faire !), nous partons pour une journée inoubliable. Nous traversons (gelés) les rues du village sous les encouragements (déjà !) des mamies locales en robe de chambre.
Au milieu des 2700 autres partants il fait plus chaud, et l'émotion est on ne peut plus palpable quand la musique et les lumières prennent le pas sur le brouhaha. C'est vrai qu'on ne sait pas très bien pour quoi on part mais avec toutes ces frontales et ces visages inconnus, c'est bizarre, mais c'est rassurant.
Départ donc au petit trot au cœur de la meule, et tout de suite l'effet magique du serpent des frontales devant et derrière nous, c'est aussi beau que la SaintéLyon !
Le début du parcours est plutôt roulant ; on grimpe progressivement avec des passages de toute beauté sous la voie lactée. Pour l'instant on arrive sans problème à rester tous les trois, le peloton est calme et assez silencieux, chacun semble profiter de ces kilomètres qui défilent dans l'ombre sans y penser. Je commence à trouver que mon bide est un peu bizarre, mais les jambes vont bien et je ne m'inquiète pas. Passage à Sauclières, point d'eau du kil 15 en 1h45, l'impression d'avoir fait zéro effort pour traverser des forêts encore silencieuses et des prairies très endormies. C'est presque un deuxième réveil d'entendre ces encouragements avant de s'élancer pour le vrai début de la montée au St Guiral. Forêts de feuillus, mousses et fougères puis des épineux. Déjà on sort de cette première partie boisée pour profiter - en hauteur - du lever du soleil et de la vue sur la vallée sous les nuages...nous ne sommes pas les seuls à nous arrêter pour faire des photos...
Malheureusement fin du tableau bucolique pour ce qui me concerne, premier arrêt dû à des crampes intestinales...
Je sors les bâtons dans l'une des pentes raides avant le sommet, je me délecte encore de ce petit sentier sinueux entre les rochers et les genêts. Premier bouchon en arrivant au sommet du St Guiral, de toutes façons, je suis tellement mal que ça m'est égal de marcher. La descente sur Dourbies sera un vrai calvaire...pourtant ça semble tellement facile quand on voit les lapins...
Bonne petite côte avant Dourbies, je m'accroche pour tenir jusqu'au ravito, kil 37,5 en 5h29, j'arrive complètement en hypo...heureusement Julien est là et avec l'aide des bananes au coca, je repars.
C'est la montée sur la crête du Suquet, sous le soleil. On marche et je reprends des forces. Au sommet, galvanisée par la vue de quelques paisibles vaches je me dis que cette fois ci c'est bon on va en profiter ! Contrairement à quelques autres qui se couchent dans l'herbe, (c'est vrai que c'était tentant mais je me demande s'ils sont repartis), on repart en courant.
La suite est somptueuse, on suit la ligne de crête pour descendre ensuite dans une forêt magnifique. Arrivés à Trèves on reprend dans la montée sur le Causse Bégon le troisième larron qui s'était fait la malle un peu plus tôt, mais qui là souffre...sûr que courir les Templiers avec une tendinite au genou, ce n'est pas une sinécure, mais quand on aime...
Je suis quand même un peu fatiguée tandis que Ju a décidément toujours l'air facile ! On arrive au ravito de Causse Begon (kil 52 en 8h13), j'y découvre les tartines de roquefort sur pain d'épices, cet endroit est vraiment génial ! Tandis que Samir se fait « strapper », je repars pour une traversée roulante du plateau, avant de plonger dans la descente, assez casse gueule d'ailleurs, cause humide et un peu boueuse. Julien resté en arrière me rattrape comme un chamois... En face de nous la prochaine bosse...ça promet ! De toutes façons, nous sommes tellement nombreux et le chemin est si étroit que l'on descend et l'on monte au train...les photos n'en sont que plus nettes !
La descente annoncée « technique » sur le topo est une succession de grosses marches, impossibles à franchir en courant, ou alors il ne faut pas être encadré de près par tout ce monde, ce qui n'est pas notre cas...mais le sentier est un vrai délice, le cheminement le long des falaises un régal !
Arrivés au dernier ravito (Cantobres, 65 km en 10h53), on se sent plutôt bien, même si les jambes tirent « légèrement ». Samir est un peu loin pour qu'on l'attende, nous partons donc à deux pour ce final. Il ne nous reste que 7 km à faire, on espère donc être rendus en une heure. Que nenni ! Quelques centaines de mètres roulantes, puis à nouveau à la queue leu leu pour escalader la dernière difficulté, c'est presque frustrant de se sentir pas mal et de ne pouvoir avancer à son rythme. Après un goulet suivi d'un bois, c'est enfin le replat d'approche du Rocher (de Nant pour ceux qui n'auraient pas suivi...). Le sentier plus large et herbeux nous donne l'impression d'avancer plus vite que nous ne l'avons fait de toute la journée...marcher c'était bien, mais courir sur du plat, c'est pas mal non plus ! Dégringolade sous le rocher, encore un petit sentier à bambi, enfin (ou déjà ?), l'arrivée à Nant, derniers hectomètres à fond les ballons, et arrêt du chrono (12h36) dans un sourire géant !
Samir arrive ¾ heure après nous. C'est si bon d'avoir fini tous les trois, je suis fière de ces deux p'tis jeunes qui se sont magnifiquement bien débrouillés. Je garde un souvenir ému de cette énorme journée, où je suis vraiment passée par tous les stades physiques et psychologiques, c'était aussi fort et aussi dur que ce que nous voulions, maintenant, il va être difficile de décider de ne pas revenir...mais les beaux trails sont légion, alors pour 2009 on verra !